L’Eglise protestante de Genève à l’heure des choix

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© CC Flickr / Daniel Jolivet

L’Eglise protestante de Genève à l’heure des choix

25 septembre 2017
Consistoire
Séance animée au Consistoire! Les autorités ecclésiales à peine réinstallées lors d’un culte, la première rencontre de l’organe délibérant de la législature a donné lieu à quelques échanges musclés autour des priorités de l’Eglise.

«Chers amis, frères et sœurs. Nous sommes-là au cœur du débat. Il faut faire des choix», a tonné Emmanuel Fuchs, président de l’Eglise protestante de Genève (EPG) jeudi devant le Consistoire. Cette notion de choix dans une Eglise qui a dû réduire de façon importante le nombre de ses ministres est revenue à plusieurs reprises lors des débats de l’organe délibérant de l’EPG qui se réunissait jeudi et vendredi soir à Malagnou.

Les priorités de l’Eglise ont été résumées par le Conseil du consistoire (son organe exécutif) en quatre priorités: le témoignage, la vie communautaire, l’attention soutenue portée aux jeunes et le développement de nouvelles formes ecclésiales. Mais au moment d’adopter le troisième axe, l’inquiétude de froisser les fidèles plus âgés qui constituent l’essentiel des donateurs a surgi. La formulation «porter une attention soutenue aux familles et aux jeunes générations» a ainsi fait l’objet de nombreuses propositions d’élargissement poussant le pasteur Bruno Miquel à proposer ironiquement la formule «une attention particulière à tout le monde!» Finalement, l’attention particulière portée aux jeunes a été assumée par une majorité des "consistoriaux".

Querelle byzantine

Lors du même débat, le président de la Compagnie des pasteurs, Blaise Menu s’est étonné de ce que soudainement chaque mot prenne tant d’importance. Il faut dire que quelques minutes avant, le débat sur le premier axe s’est éternisé. Au nom des aumôniers d’hôpitaux, Elisabeth Schenker souhaitait modifier un passage de la prise de position. Il s'agissait de remplacer «renforcer la place d’un témoignage centré sur Jésus-Christ et renouveler la transmission d’un Evangile vivant»  par «renforcer le témoignage centré sur ce que nous inspire l’Evangile et témoigner de ce que change dans notre vie, notre fois en Jésus-Christ». «Je ne vais pas proclamer “Jésus est vivant, convertissez-vous” au chevet d’un enfant mourant», a-t-elle justifié hors débat. Pour un aumônier, ce n’est pas possible d’adopter une posture. Ce sont nos actes qui doivent être inspirés par notre foi.» Un argument qui n’a pas été entendu dans un débat houleux où la pasteure s’est même vue accueillie d’un très sec «on n’est pas ici pour pinailler», alors qu’elle retournait à sa place. Si la sensibilité des aumôniers n’a pas été entendue, la très réformée adjonction de: «en gardant le goût de la réflexion théologique à l’interne comme à l’externe», proposée par Jean-Paul Guisan, délégué de la paroisse Champel-Malagnou a été acceptée.

Vendredi, la nécessité de faire des choix a ressurgi lors de deux discussions ayant trait à l’organisation de l’Eglise: l’une sur les ministères dits pionniers, l’autre sur le processus de régionalisation. En effet, tant la mise sur pied de projets nouveaux que l’arbitrage des dotations entre paroisses, services et régions nécessitent de renoncer parfois à des projets jugés moins porteurs. La nécessité de développer une vision d’Eglise commune a été plusieurs fois répétée. Mais le Consistoire a donné lieu à certaines insatisfactions de s’exprimer. Un délégué a signalé au directeur des ressources humaines de l’EPG dans des termes très durs qu’il était perçu comme autoritaire. En réponse le Conseil du consistoire a réaffirmé la confiance qu’il porte en son directeur.