L’Eglise mennonite américaine se divise

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L’Eglise mennonite américaine se divise

8 janvier 2018
La Conférence mennonite de Lancaster s’est séparée de la communauté mennonite américaine à cause de désaccords sur la question de la sexualité. Cette décision votée en 2015 a pris effet le 1er janvier 2018.

La Conférence mennonite de Lancaster (LMC), le plus grand groupe parmi les congrégations mennonites aux Etats-Unis, s'est officiellement séparée de la communauté mennonite après un désaccord sur la question de la sexualité. Le LMC - 179 églises en Pennsylvanie, en Ohio et dans l’Etat de New York -  a décidé en novembre 2015 de quitter l'Eglise mennonite américaine, l'organisation faîtière des congrégations. Cette décision est entrée en vigueur lundi 1er janvier 2018.

Les deux groupes étaient en désaccord sur la définition du mariage - un problème qui touche pratiquement toutes les confessions religieuses américaines depuis que la Cour suprême a décidé en 2015 de légaliser le mariage entre conjoints de même sexe. Le LMC s'oppose au mariage homosexuel et ses membres étaient de plus en plus mal à l'aise avec certaines politiques de l'Eglise mennonite américaine qui soutient cette union, ainsi que l’embauche des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT).

Désaccord sur le mariage homosexuel

La question de la sexualité a déchiré la communauté mennonite - et beaucoup d'autres dénominations protestantes – depuis des décennies. L'Eglise mennonite américaine considère officiellement l'activité homosexuelle comme un péché et définit le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, mais il y a eu un refus de l'intérieur puisque plusieurs pasteurs ont célébré des mariages homosexuels. Ces derniers ont été punis ou ont démissionné. Parallèlement, des petits groupes régionaux ont affirmé que les conjoints LGBT ont quitté la congrégation.

Le chaos a incité certains mennonites à demander une réévaluation des liens entre les congrégations individuelles et la communauté principale. Au Canada, les désaccords et la baisse du nombre de membres ont mené à la formation de groupes régionaux partageant des points de vue similaires. «Généralement, lorsqu’il y a un changement social, cela se passe sur une ou deux générations», a constaté Donald Kraybill, un spécialiste des mennonites et des amish, lors de la décision du LMC en 2015. «Essayer de prendre des décisions à ce sujet en deux ou trois ans peut être très dangereux pour la santé d'une communauté».

Les mennonites sont des anabaptistes - des protestants qui adhèrent à la validité du baptême des adultes - et comptent parmi les plus petits groupes de protestants, avec environ 2 millions de membres dans le monde entier. En 2016, l'Eglise mennonite américaine comptait environ 78’000 membres. Elle a dû faire face au départ de 133'000 personnes dans les années 1990.