Qu'est ce qui se joue autour de la confirmation ?

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Qu'est ce qui se joue autour de la confirmation ?

Le rituel de confirmation marquait une véritable étape pour les générations précédentes. Est-ce encore le cas de nos jours ?

Dans le protestantisme, la transmission aux jeunes suit un ordre bien établi: l’école du dimanche pour les plus petits (devenu l’Eveil à la foi), le catéchisme durant l’école primaire, puis un catéchisme de préparation à la confirmation entre 14 et 17 ans, qu’ils terminent en même temps que leur formation scolaire obligatoire.

Ce catéchisme consistait depuis la Réforme en une explication de l’histoire biblique et des préceptes chrétiens, sur lesquels les jeunes étaient interrogés comme à l’école. Il s’est transformé à la fin du XXe siècle en "catéchisme existentiel". Les jeunes y abordent aujourd'hui toutes les questions importantes survenant à l’adolescence.

Passage à l’âge adulte

A l’issue de cette série de rencontres, souvent hebdomadaires et couronnées par un camp, l’adolescent devait décider, avec son pasteur, de confirmer ou non, ce qui marquait la fin de sa "formation religieuse". Si le rituel de la confirmation – qui a été en partie abandonné en Suisse romande – a eu une très grande importance pendant des décennies, c’est moins parce qu’on s’y engageait à vivre selon la foi de son Eglise que parce qu’il marquait le passage à l’âge adulte, et ce, de manière très symbolique. Les groupes de jeunes prenaient ensuite le relais de la socialisation protestante. Ils offraient l’occasion de sortir le soir avec la bénédiction des parents et permettaient des rencontres entre filles et garçons.

Ces groupes existent encore par endroits mais ils n’ont plus l’importance qu’ils avaient auparavant. Le sociologue Jean-Pierre Bastian explique qu’on y appartenait principalement par coutume et par socialisation familiale. A partir des années 1960- 1980, à la faveur de l’individualisation des comportements, les jeunes se sont mis à «confectionner leur univers de sens à la carte». Cherchant des «alternatives plus épanouissantes», ils «ont contribué à mettre fin aux modes subis de transmission religieuse».

Accompagnateur de camps

Aujourd’hui, c’est le camp qui précède la confirmation qui marque le plus souvent les esprits et conduit nombre de jeunes à continuer à s’engager dans l’Eglise. Parmi les offres proposées à l’issue du catéchisme, la plus sollicitée est donc celle d’accompagnateur de camp de catéchisme. L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud et l’Eglise de Genève l’intitulent "formation JACK" ( Jeune Accompagnant Camps Kt). Les jeunes réformés participent aussi à des activités dites "post-Kt", de la fréquentation d’un groupe de jeunes en paroisse à la participation à des activités proposées par l’Eglise ou les jeunes eux-mêmes.