Le culte dominical doit-il rester la principale offre réformée?

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Le culte dominical doit-il rester la principale offre réformée?

23 octobre 2017
Individualisme
Le culte dominical est de plus en plus déserté. Faut-il trouver d'autres lieux et d'autres moyens permettant de souder la communauté réformée? Ou faut-il au contraire réinvestir ce moment de partage, de prière autour d'un espace cérémonial assumé?

Non, d’autres modes d’expression de la foi sont nécessaires!

Gilles Bourquin, co-rédacteur en chef de Réformés - le journal

Afin de répondre aux attentes spirituelles de leur époque, les Réformateurs du XVIe siècle ont remplacé la messe, qui était célébrée en latin, par des cultes compréhensibles dans les diverses langues parlées. Ils ont également traduit la Bible en langage courant. Ces innovations ont grandement contribué à la diffusion des idées protestantes. Aujourd’hui, la baisse de fréquentation des cultes réformés appelle une nouvelle réforme liturgique. Il s’agit de mieux adapter les célébrations ré- formées aux conceptions contemporaines de la spiritualité, selon lesquelles chacun médite individuellement pour trouver sa voie intérieure. Expérimenter d’autres modes de vie, d’expression et de partage de la foi réformée est désormais indispensable.

Oui, les temples peuvent redevenir des lieux de ressourcement pour les chercheurs solitaires

Elisabeth Parmentier, professeure de Théologie pratique à la Faculté de théologie protestante de Genève

Nos contemporains sont fascinés par les anges et les guides spirituels, car l’individualisme a pour prix la solitude, l’absence de sens, l’angoisse du lendemain. Or nous ne sommes pas seuls, mais environnés et accompagnés, à toute heure par la prière des croyants d’hier et d’aujourd’hui, immense famille de Dieu. De quoi donner le goût de vivre!

Eveillons à cette puissante nostalgie pour l’horizon de Dieu. Ouvrons le regard, pour nous voir chaudement entourés par toute l’Eglise de la terre et aussi du ciel. Nous avons abandonné la «communion des saints» aux catholiques! Ce n’est qu’à la sainte cène que nous prenons conscience de chanter la gloire de Dieu «avec les anges, les archanges, les martyrs et tous ceux qui nous précèdent dans la foi». L’individualisme a aussi pour corollaire l’épuisement dans les nombreuses décisions, les doutes, la peur de l’échec.

Parmi les initiatives pour rejoindre nos contemporains, je rêve que les temples tournent leur accueil et leurs bancs vers l’extérieur, pour inviter les passants à s’asseoir, rêver et discuter hors les murs, et s’y sentir écouté-es. Dans les villes et les villages, passons du temps dans les champs et la rue, à écouter! Dans un monde où personne n’a le temps, c’est le cadeau de la disponibilité. En nous tournant ainsi, depuis le seuil des temples vers le quotidien de chacun et vers l’horizon de Dieu, nous garderons vif le besoin de venir puiser au culte la joie, le courage et l’espérance, pour les porter aux chercheurs de sens solitaires.