Bâle: en route sur de nouveaux chemins

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Bâle: en route sur de nouveaux chemins

3 octobre 2017
L'Eglise bâloise se réinvente en diversifiant ses sources de financement et en misant sur la multiplication des lieux de culte avec un profil particulier. Texte de Franz Osswald

Vu du ciel, Bâle est une ville d’églises. Les tours des cathédrales se dressent fièrement au-dessus du Rhin. Plusieurs monuments historiques telles que l’église St-Elisabeth ou l’église St-Leonard façonnent le visage de la ville et témoignent d’un grand héritage chrétien. Ici, dans la plus ancienne université de Suisse, ont étudié Erasme de Rotterdam, Nietzsche et Karl Barth.

La ville située au coude du Rhin n’a pas passé à la Réforme du vivant de Zwingli. Ce n’est qu’en 1529 qu’elle adoptera la nouvelle foi grâce au réformateur Œcolampade. Durant plus de 400 ans, l’Eglise bâloise était Eglise d’Etat. Sa culture évangélique et ses œuvres missionnaires ont marqués les habitants. En 1911, l’Eglise réformée est devenue indépendante du canton et a dû percevoir ses impôts elle-même.

Repenser le modèle économique

Elle ne bénéficiait d’aucune aide financière. L’évolution démographique et la situation urbaine ont pesé sur la disparition de nombreux membres depuis une cinquantaine d’années. Durant cette période, leur nombre a diminué de 137'000 à 28'000. «Aujourd’hui, les Réformés vivent en situation de diaspora» explique le président du Conseil de l’Eglise Lukas Kundert. Et les perspectives d’avenir ne sont pas roses. Pourtant les responsables de l’Eglise bâloise parlent d’un modèle à succès.

«L’Eglise a appris à devenir 'productive' dans cette situation difficile», note Lukas Kundert. De nouvelles initiatives ont été lancées pour s’adapter à la situation urbaine: c’est à Bâle qu’ont vu le jour le premier ministère industriel et la première église ouverte. Grâce à un financement approprié, beaucoup de prestations ont pu être maintenues. Avec «Perspectives 2015et 2025», l’Eglise bâloise a développé un modèle qui favorise le financement de chaque paroisse. Alors que d’autres Eglises cantonales tendent vers de grandes régionalisations et suppriment des postes, Bâle mise sur la multiplication des lieux de cultes avec un profil particulier. Jusqu’en 2025, 50% des recettes nécessaires devraient provenir de revenus tiers, à travers le sponsoring, le crowdfunding et d’autres modèles de financement. Un moyen de pouvoir payer les 19 postes pastoraux pour les quelques 20’0000 membres qui resteront. Bâle part sur de nouveaux chemins avec un esprit totalement réformé.

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