Des spécialistes en religion à la Matinale de la RTS

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© Istock / On-air

Des spécialistes en religion à la Matinale de la RTS

4 septembre 2017
A partir de la rentrée 2017, les chroniqueurs qui se succèdent durant la matinale la plus écoutée de Suisse romande sont invités à intervenir en direct. Objectif: favoriser les interactions avec les invités. Pour Laurent Caspary, rédacteur en chef de l’actualité radio de la RTS, la chronique RTSreligion trouve sa place dans ce dispositif. Entretien.

Dans la nouvelle formule de la Matinale, non seulement on retrouve la chronique RTSreligion, mais en plus le journaliste qui la présente peut interagir avec l’invité. Pourquoi?

Pour moi, la chronique RTSreligion doit continuer. Elle traite d’un sujet de société important; or l’objectif de la nouvelle formule de la matinale est justement de favoriser les sujets de société en les traitant au travers de différents prismes. Par ailleurs, pour l’ensemble des interventions de la matinale, nous avons choisi de privilégier le direct. Pour des raisons d’effectifs, certaines interventions continueront d’être enregistrées —et pas seulement pour RTSreligion —, mais nous souhaitons que les chroniqueurs puissent interagir entre eux et avec l’invité présent en studio de 5h45 à 6h30. Désormais, le journaliste de RTSreligion entre en studio vers 6h15, intervient vers 6h22 et reste jusque vers 6h30. Une quinzaine de minutes durant lesquels il peut apporter son expertise. Lundi 28 août, lors de la première, j’ai beaucoup apprécié que dans sa chronique sur le tourisme religieux au Liban, Fabien Hünenberger de RTSreligion s’adresse directement à l’invité, le philosophe Jacques de Coulon.

Des places seront-elles faites pour ces interventions improvisées?

Les gens qui écoutent la matinale tiennent beaucoup au respect du timing. Ils savent pendant quelle chronique ils se lavent les dents et à quel moment ils partent de chez eux. Mais cela ne doit pas nous empêcher de prendre un moment, lorsque l’occasion s’y prête, afin de créer ces "moments de radio".

Vous tenez beaucoup au direct, qu’est-ce que cela change pour l’auditeur?

Lorsque l’on enregistre une intervention, on essaie de rendre quelque chose de très propre. S’il y a une hésitation, si l’on bafouille un peu, on refait la prise. Au final, le résultat est très froid. Il ne faut pas qu’il y en ait trop, mais les petites hésitations apportent de la vie. Et je crois que l’auditeur l’entend. D’ailleurs, dans sa nouvelle grille Couleur 3 a ajouté 25 heures hebdomadaires de direct.

Fin 2015, la RTS annonçait la disparition des différents magazines de RTSreligion, une mesure qui a finalement fait l’objet d’un compromis à la suite d’une forte mobilisation des auditeurs. Aujourd’hui, la Matinale offre davantage de visibilité à la Chronique. Pourquoi ce retour en arrière?

Ces deux décisions n’ont rien à voir, il s’agit de logiques différentes. En 2015, il s’agissait d’une décision d’entreprise, la rédaction n’avait pas été consultée. J’ai bien senti que cela avait laissé des traces au sein de l’équipe, mais en ce qui concerne la rédaction nous n’avons jamais souhaité voir disparaître la chronique ou aucun des magazines.

Est-ce problématique d’avoir des journalistes financés par des Eglises pour parler d’actualité religieuse?

Je fais avec la situation existante et bien sûr que nous gardons un contrôle rédactionnel sur ce qui se fait. Mais cela se passe bien, on sait quels sont les rapports entre la rédaction et RTSreligion et cela se fait en bonne intelligence. Bien sûr qu’il serait plus facile d’avoir nos propres spécialistes. C’est toujours plus simple de faire soi-même que de devoir collaborer, mais c’est un détail.