Le double message de la mort du Christ

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Le double message de la mort du Christ

Edito
Retour sur le sens du sacrifice par le corédacteur en chef de Réformés - le Journal.

Le christianisme est la religion mondiale qui met le plus en valeur le sacrifice d’un être humain. Mais paradoxalement, c’est à la fois pour le dénoncer et pour affirmer sa nécessité. Selon la foi chrétienne, la crucifixion a donc deux sens théologiques opposés.

Premièrement, la mort du Christ sur la croix est une protestation énergique contre toute forme de persécution des innocents. Le Christ Jésus, décrit comme un homme sans faute et sans alliés politiques, entièrement dévoué au service du prochain, s’oppose à la rigide religion des prêtres juifs. Ces derniers imposent des Lois sacrées indiscutables, comme le Sabbat, et des jugements violents, comme la lapidation des femmes adultères. Le Christ prend la défense des faibles et ses gestes de bonté sont appréciés par le peuple. Capturé, il ne se rétracte pas et devient à son tour une victime des chefs religieux intransigeants, liés à l’occupant romain. Ses disciples dénoncent ce crime: «Le Prince de vie que vous avez fait mourir, Dieu l’a ressuscité des morts» (Actes 3,15).

A ce premier sens de sa mort, s’ajoute une nouvelle lecture. Les chrétiens affirment que Dieu lui-même est à l’origine de la crucifixion du Christ. Il fallait que le Messie soit sacrifié, son sang devenant ainsi «le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés» (Matthieu 26,27). Jésus a donc connu d’avance et accepté sa mort comme une épreuve nécessaire que Dieu lui demandait de subir. En mourant sur la croix, il a porté le poids de nos fautes, nous permettant de franchir le fossé qui nous sépare de Dieu, comme l’illustre notre image de couverture. Selon le christianisme, tous les hommes sont pécheurs, quel que soit leur mode de vie, et tous n’obtiennent le salut qu’au travers de l’œuvre de Dieu, accomplie dans la mort du Christ.